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Qu’est-ce qu’une secte?

Dans un monde régit par la science et la religion, certains organismes ont vu leur apparition et leur mise en avant, que ce soit dans les pays riches ou les pays en développement.

C’est alors que nous pouvons voir l’arrivée en masse de sectes à travers le monde. Ainsi, selon l’ UNADEFI (Union Nationale des Association de Défense des Familles et de l’Individu victimes de sectes), une secte serait un groupe dans lequel est pratiqué une manipulation mentale poussée ainsi qu’une destruction de la personne sur le plan mental avec comme base une escroquerie intellectuelle, financière et morale.

Cependant, l’ État n’a pas le même point de vue, car sur un point de vue juridique, "nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public institué par la loi ". Ainsi, les sectes n’enfreindraient pas la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ce qui induit donc à cette neutralité religieuse qu’exécute l’État. Comme nous le savons, chaque religion possède ses rites et cultes qui leur sont propres, et c’est là que se trouve la complexité: distinguer secte de religion, car chaque individu a le droit d’avoir ses propres croyances. Comment alors définir quel mouvement religieux est bien ou mal ? Cependant une différence nous permet de les distinguer, en effet la religion s’adapte à la société actuelle en effectuant parfois des concessions afin de perdurer dans le temps et à s’adapter à la modernité tandis qu’une secte visera à écarter ses membres du monde actuel pour en faire des êtres à part. C’est ainsi que l’humanité est constamment aux prises avec deux processus contradictoires dont l’un tend à instaurer l’unification , tandis que l’autre vise à maintenir ou à rétablir la diversification . C’est sur ce point de départ plutôt ambigu que se basent les sciences sociales car il faut bien avouer que les sectes de nos jours inspirent la crainte de la société majoritaire. Cette crainte se fonde sur deux plans : le premier s’appuie sur le fait que chaque personne a sa propre opinion de ce que font les sectes. Le deuxième plan s’appuie sur l’idée générale que l’on se fait des sectes, c’est-à-dire comme des institutions malsaines visant à agresser toute la population.

Le terme « secte » n’existe pas dans toute les langues, néanmoins l’inquiétude sur ces institutions se retrouve partout. Celles-ci portent en effet toute un message remettant en cause l’ordre social. Ils induisent par exemple la déstabilisation mentale, des exigences financières toujours plus grandissantes, une rupture avec l’environnement, un embrigadement des enfants, quelques discours asociaux… Ainsi, en Italie, l’affaire des bacchanales qui remontent à -186, révèle l’existence de tous ces critères. Ils célébraient leurs fêtes en l’honneur de Bacchus , la nuit en secret. Ils avaient ainsi pour réputation d’être des débauchés, les consuls décidèrent alors que les dieux de Rome ne devaient pas être confondus avec des cultes étrangers mettant en avant des mœurs dépravés. Selon l’enquête, les bacchants étaient plusieurs milliers et constituaient un danger pour l’ordre publique. Il s’agissait d’hommes éfféminés et de femmes qui s’adonnaient à tout les vices: le tapage nocturne , l’ivrognerie…

Ce sentiment de menace pour l’ordre public, généré par ce qui est considéré comme de fausses religions, est semblable à celui qui, en 1996 à amené les députés français à sensibiliser la société au danger des sectes. Cependant, le mot secte à la base dans bien d’autres langues n’évoque au départ que la notion d’école. Il est emprunté au latin secta qui signifie manière de vivre, ligne de conduite politique, école philosophique, puis religieuse. Ce mot dérive dans le sens de sequi "suivre ". En français, secte, a d’abord eu le sens de doctrine religieuse ou philosophique (1155) puis celui de compagnie (vers 1200). Dans un sens historique : il s’agit donc d’un ensemble de personnes qui se réclament d’un même maître et qui professe sa doctrine, sa politique , sa philosophie, sa religion ainsi que ses opinions.

En Chine le terme jiao traduit par secte signifie enseignement. En arabe le mot que l’on traduit par secte est firqua, et il n’a pas de connotation péjorative comme dans les langues européennes. Le terme secte est également issu du latin sécare, qui signifie couper, désignant alors un groupe de personnes isolées à l’écart d’une église ou d’une religion majoritaire .En France, il est utilisé dans ce sens ci dans une ordonnance de 1531, pour qualifier "la secte luthérienne ou les autres sectes réprouvées", il s’accompagne alors d’une connotation négative.Les philosophes grecs d’avant ou du début de notre ère , avaient des notions d’orthodoxie et d’hétérodoxie: il s’agit de prendre position par rapport aux pratiques religieuses données, par rapport aux usages admis par le plus grand nombre. Quel que soit le terme retenu, partout où il existe la notion d’orthodoxie, partout se développe un état centralisé détenant le pouvoir, les mouvements hétérodoxes défendant un mode de vie alternatif ou développant des activités sociales considérées comme contraire à l’ordre public interrogent la population . Ils sont ressentis comme une menace envers l’individu, pour la société et pour l’ordre établi. On peut se poser la question suivante : « sur quoi repose l’ irrecevabilité d’un groupe, pourquoi est -il perçut comme asocial  ? » Certains groupes inquiètent du simple fait qu’ils sont non identifiés , d’autres parce qu’ils évoluent en marge des institutions religieuses, d’autres dévient des règles de la civilité . Ils ont tous en commun d’être le contraire de ce qu’une société tant soit peu centralisée attend d’une religion : la secte isole l’individu au lieu de participer à sa socialisation. La menace sectaire est donc aussi vieille que les premières sociétés organisées. Pourquoi la redécouvre-t-on avec tant de surprise aujourd’hui? On aurait cru que la modernisation lui aurait portée un coup fatal, or, en 1978, le suicide collectif d’un millier de personnes organisé par le Temple du Peuple réveille ce sentiment de menace…

La base de notre travail est donc de comprendre comment vaincre ces sectes. Nous traiterons donc des dérives des sectes, ainsi que de la division des courants de pensées entre les Etats. Notre approche risque d’être incomplète en un TPE, il serait improbable de traiter tout les regards différents posés sur les sectes, celui du philosophe, celui de l’ex adepte blessé, le regard de la famille, nous décidons donc de faire le tour du sujet le mieux que nous pouvons avec nos capacités de compréhension de lycéens avec un regard global sur la réalité qui nous entoure, qui nous parle… la question que l’on peut se poser est la suivante: vaincre les sectes relève d’une utopie?

Une difficulté: traiter les dérives sectaires par l’Etat.

Que peut faire l’État pour combattre ces sectes? En effet, selon la déclaration des droits de l’homme l’État doit être laïque, et donc ne pas prendre de point de vue sur les religions dans le pays, qu’elles soient récentes ou non. Signalons que l’État est garant de la défense des libertés collectives et individuelles, et de ce fait, ces institutions sont autonomes car la croyance individuelle n’est pas remise en cause par l’État. Qu’un nouveau mouvement religieux apparaisse ne concerne pas l’État, ce qui peut poser problème. Ainsi, d’après la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), la France compterait aujourd’hui environ 600 mouvements sectaires, contre 200 il y a quinze ans.

Cependant, l’État intervient quand il y a menace sur le patrimoine, manipulation (encore faut-il prouver qu’il y ai manipulation),.. Mais les sectes ne s’en tiennent pas là, les Témoins de Jéhovah par exemple refusent toute transfusion sanguine, même lorsque que cela peut s’avérer vital. Cette pratique porte donc à l’intégrité physique de l’adepte, causant de ce fait généralement la mort du patient. La Scientologie, elle, arnaque ses adeptes en vendant à 5000€ des électromètres (appareil permettant de mesurer les charges émotionnelles) coûtant 400€ à la fabrication, ce qui pour nous peut s’avérer risible. Le problème est que ces adeptes y croient ce qui les pousses à acheter, car ils sont persuadés que ces appareils mesurent leurs bonheur ce qui est inconcevable. Ceci pourrait être considéré comme une manipulation crapuleuse, or, étant donné que la mesure du bonheur est considéré comme étant dans le domaine de la croyance, cette dérive ne peut être prouvée. Ici, la secte se sert du mal-être social pour en tirer des bénéfices!

L’État ne doit pas assimiler différence à danger, et c’est en cela que la traite des dérives est complexe. En effet, les rapports parlementaires ont tendance à faire cette assimilation, ce qui peut s’avérer problématique. Ensuite, vient la notion même de danger, qui est relative a tous. De ce fait, ce qui est dangereux ne l’est pas uniformément. La création de critères précis est donc difficile à mettre en place (même si certains critères de danger sont unanimes) pour la protection du peuple. En 1980, le gouvernement anglais a essayé de limiter le droit d’entrer des scientologues dans le pays. En 1999, le statut d’association charitable est refusé à la Scientologie. En 2000, une loi a été faite et dans laquelle on avait tenté de définir ce qu’est la manipulation mentale, mais cela s’avère d’une difficulté extrême! D’ailleurs, cette loi a été vidée d’une partie de son contenu.. En effet, la loi mentionnait qu’il y avait manipulation mentale quand il y avait exigence de « sommes faramineuses » de la part de sectes envers les adeptes. Or, la notion est assez floue et trop peu définie car la notion de faramineuse est encore une fois relative à chacun, aucun montant n’étant mentionné. Alain Vivien, membre du PS, crée un rapport visant à mettre en place un arsenal juridique appliqué et insiste sur l’inutilité d’élaborer un régime juridique spécifique aux sectes.

La meilleure façon de traiter ces dérives reste donc la prévention, faisant appel à l’intelligence et non pas à la peur (cela renforcerait alors le sentiment d’insécurité que veut démontrer le gourou).

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